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Point sellier : pourquoi les sacs en cuir de qualité sont cousus main
Le point sellier est la signature des maroquiniers qui cousent à la main. Né dans la sellerie, où une couture devait résister à des efforts considérables, il reste utilisé pour la maroquinerie haut de gamme parce qu'il est plus solide et plus facile à réparer qu'une couture machine classique. Ce guide explique comment fonctionne le point sellier, pourquoi il ne se défait pas quand un point casse, quels outils il demande (fil de lin ciré, deux aiguilles, griffes à frapper), comment on finit les tranches, combien de temps cela prend et comment reconnaître une vraie couture main. Et si vous voulez comprendre en pratiquant, vous verrez comment un kit de maroquinerie permet de coudre ses premières pièces soi-même.
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
Qu'est-ce que le point sellier
Le point sellier se coud avec un seul fil et deux aiguilles, une à chaque extrémité. Les trous sont préparés à l'avance dans le cuir. Pour chaque trou, on passe la première aiguille d'un côté, puis la seconde en sens inverse dans le même trou : les deux brins se croisent dans l'épaisseur du cuir. On serre ensuite les deux brins à la main, avec la même tension, avant de passer au trou suivant.
Le résultat est une couture presque identique sur les deux faces : une suite de points légèrement inclinés, bien tendus, qui forment une ligne continue. Cette inclinaison vient de la forme des trous et de l'ordre, toujours le même, dans lequel on passe les aiguilles. Elle donne à la couture son relief caractéristique.
- Coupez un fil d'environ quatre fois la longueur de la couture à réaliser.
- Enfilez une aiguille à chaque extrémité et bloquez le fil pour qu'il ne glisse pas hors du chas.
- À chaque trou, passez d'abord l'aiguille du même côté, puis la seconde, sans jamais inverser l'ordre.
- Serrez les deux brins avec la même force, puis recommencez au trou suivant.
- Terminez par deux ou trois points repassés en arrière dans les mêmes trous, puis coupez et fixez les extrémités.
Point sellier contre point machine : pourquoi une couture main ne file pas
Une machine à coudre réalise un point noué : un fil supérieur et un fil de canette s'entrecroisent au milieu de l'épaisseur. C'est rapide, régulier et suffisamment solide pour beaucoup d'usages. Mais tous les points dépendent de deux fils continus. Si l'un d'eux casse, par frottement sur une arête ou usure au niveau d'une poignée, la tension se relâche et la couture peut se défaire progressivement sur plusieurs centimètres.
Avec le point sellier, chaque trou est traversé par deux brins qui se bloquent mutuellement. Si un point casse, les points voisins restent en place, car chaque brin reste coincé par l'autre dans les trous suivants. Le dommage reste local : un artisan peut découdre quelques points et les refaire sans reprendre toute la couture.
Cette différence compte surtout aux endroits les plus sollicités : attaches de poignées, soufflets, fixations des sangles et des anneaux de bandoulière.
- Point machine : deux fils, rapide, très régulier, peut se défaire en chaîne si un fil casse.
- Point sellier : un fil et deux aiguilles, lent, chaque point tient même si un voisin casse.
Fil de lin ciré et aiguilles de sellier
Le fil traditionnel est le fil de lin ciré. La cire le rend plus lisse, l'aide à glisser dans le cuir, le protège de l'humidité et bloque les points une fois serrés. Beaucoup d'artisans utilisent aussi des fils polyester tressés et cirés, plus résistants à l'abrasion.
L'épaisseur du fil doit être proportionnée au cuir et à l'espacement des points. Un fil trop gros sur un point fin surcharge la couture et fragilise le cuir entre les trous ; un fil trop fin paraît perdu et s'use vite. Pour la petite maroquinerie, on travaille souvent avec des fils d'environ 0,45 à 0,65 mm ; pour les sacs et les sangles, un peu plus épais.
Les aiguilles de sellier ont une pointe arrondie : elles ne coupent ni le cuir ni le fil déjà passé, elles suivent simplement le trou préparé. On en utilise deux, identiques.
Longueur et espacement des points
L'espacement des points, mesuré d'un trou à l'autre en millimètres, est l'un des premiers indices de finesse et de style. Plus il est court, plus la couture est fine et longue à réaliser ; plus il est long, plus elle est robuste et visible. La ligne de couture est tracée à distance constante du bord, souvent 3 à 4 mm, à l'aide d'un compas ou d'un traçoir.
La régularité compte autant que la longueur. Une couture main de qualité garde le même espacement, la même inclinaison et la même tension du début à la fin, y compris dans les courbes et les angles, où l'on utilise des outils à deux dents pour suivre la forme.
- Environ 2,5 à 3 mm : petite maroquinerie fine, porte-cartes, bracelets de montre.
- Environ 3 à 3,5 mm : portefeuilles, pochettes, bijoux de sac.
- Environ 3,85 à 4 mm : sacs, ceintures, pièces plus épaisses.
- 5 mm et plus : sellerie, cuirs très épais, couture volontairement rustique.
Griffes à frapper : préparer les trous
Avant de coudre, on perce les trous. L'outil le plus courant est la griffe à frapper : une rangée de dents en acier régulièrement espacées, que l'on pose sur la ligne tracée et que l'on frappe au maillet. Les dents plates et inclinées créent des fentes en diagonale, qui donnent son inclinaison au point sellier. Pour avancer, on replace la première dent dans le dernier trou percé, ce qui garde un pas parfaitement constant.
Les pièces à assembler sont généralement collées avant le perçage, pour que les trous traversent les deux épaisseurs exactement au même endroit.
- Griffes à frapper : une version à deux dents pour les courbes, une à quatre ou six dents pour les lignes droites.
- Maillet en polyuréthane, en cuir ou en bois, et support de frappe posé sur un plan dur.
- Pince à coudre, ou cheval de sellier, pour tenir l'ouvrage et garder les deux mains libres.
Finition des tranches : l'autre marque du travail main
Une couture impeccable perd de son intérêt si les bords restent bruts. La tranche est l'épaisseur visible du cuir sur le bord d'une pièce. Sur un sac fait main, elle se travaille en plusieurs étapes, souvent aussi longues que la couture elle-même.
L'autre solution est le bord rembordé : le cuir est aminci puis replié sur lui-même, sans tranche visible. Dans les deux cas, une bonne finition est lisse au toucher, sans bourrelet ni craquelure.
- Égaliser les épaisseurs assemblées au tranchet ou au papier abrasif.
- Abattre les arêtes avec un abat-carre pour arrondir légèrement le bord.
- Poncer progressivement, du grain le plus gros au plus fin.
- Appliquer une teinture ou une finition de tranche en couches fines, en ponçant légèrement entre chaque couche.
- Lisser et lustrer avec un lissoir en bois, une toile ou de la cire, jusqu'à obtenir un bord net et satiné.
Combien de temps faut-il pour coudre un sac à la main
Le point sellier est lent. Comptez quelques secondes par point pour un artisan entraîné : une couture de 50 cm au pas de 4 mm représente environ 125 points, soit déjà une bonne demi-heure de couture pour une seule ligne, sans les points d'arrêt ni la préparation. Un débutant avance plusieurs fois plus lentement.
Un sac structuré compte plusieurs mètres de couture. Si l'on ajoute la coupe, l'amincissage des bords, l'encollage, le marquage, le perçage, la pose de la quincaillerie et la finition des tranches, la fabrication d'un sac à main cousu main se chiffre souvent en dizaines d'heures plutôt qu'en heures. Pour les grands sacs des maisons de luxe, la presse évoque régulièrement une vingtaine d'heures de travail, voire davantage, par un seul artisan. L'ordre de grandeur explique à lui seul pourquoi ces pièces sont produites en petites quantités.
Apprendre le point sellier avec un kit maroquinerie
La meilleure façon de comprendre la valeur d'une couture main est d'en faire une. Un kit de maroquinerie à coudre soi-même réunit en général des pièces de cuir découpées, souvent déjà percées, du fil ciré, des aiguilles et une notice pas à pas. Le perçage étant préparé, on se concentre sur le geste : l'ordre des aiguilles, la tension, les points d'arrêt.
Pour une première pièce, un porte-cartes ou un bijou de sac demande en général quelques heures, finitions comprises. On sent vite la différence entre un point tiré trop fort, qui creuse le cuir, et un point régulier qui se pose à sa surface. Après deux ou trois projets, la couture devient régulière et l'on peut passer à des pièces plus grandes.
Nos kits à coudre sont réunis dans la collection kits maroquinerie (/collections/kits-maroquinerie), pour réaliser chez vous une pièce en cuir au point sellier.
- Travaillez assis, l'ouvrage bloqué dans une pince, les deux mains libres.
- Surveillez l'ordre des aiguilles pendant les premiers points : l'erreur la plus courante est de l'inverser.
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Hermès, Birkin et Kelly sont des marques d'Hermès International. LEATHERTRUE est un atelier de maroquinerie indépendant, sans lien avec Hermès et non approuvé par Hermès ; ces noms servent uniquement à décrire des formes et des tailles de sacs.
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Comment reconnaître une couture main
Aucun indice ne suffit seul, car certaines machines reproduisent l'inclinaison du point sellier. Observez plusieurs endroits, notamment les attaches de poignées, les angles et les fins de couture, où la machine trahit plus facilement ses limites.